De plus en plus réalistes, les vidéos, images et sons truqués peuvent porter atteinte à la vie privée et à la réputation. Les créer ou les partager n’est pas sans risques et peut engager la responsabilité de leurs auteurs.
L’hypertrucage ou deepfake
Le mot deepfake (ou hypertrucage) vient de la contraction de deux mots anglais : deep learning, « apprentissage profond » et fake, « faux ».
Un hypertrucage est un contenu audio, photo ou vidéo créé ou modifié grâce à des techniques d’intelligence artificielle.
Elles permettent d’imiter une voix, un visage ou un mouvement avec un réalisme de plus en plus difficile à distinguer d’un contenu authentique.
Dans certains cas, ces hypertrucages peuvent se répandre très vite en ligne, notamment sur les réseaux sociaux.
Ils peuvent notamment être utilisés pour :
Remplacer un visage dans une vidéo (face swapping).
Imiter une voix dans un message audio : les paroles prononcées sont modifiées et, dans le cas de contenus vidéos les mouvements des lèvres sont modifiés et resynchronisés (lip synching)
Créer des vidéos ou images entièrement ou partiellement fictives.
De nombreuses applications et logiciels permettent de réaliser des hypertrucages. Ceux-ci sont de plus en plus élaborés et leur utilisation largement accessible au grand public. La diffusion d’hypertrucages a donc considérablement augmenté, tout comme les nombreux risques liés.
Les utilisations de l’intelligence artificielle à des fins malveillantes sont punies par la loi.
Le fait de produire, de détenir, d’enregistrer, de transmettre ou de consulter habituellement des contenus pédopornographiques est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, y compris si ces contenus ont été produits par des outils d’intelligence artificielle ( article 227-23 du Code pénal ).
Les contenus haineux visant des personnes en raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée est punie de l’amende prévue pour les contraventions de la 5e classe ( jusqu’à 1 500 € ou 3 000 € en cas de récidive – article R 625-7 du Code pénal ).
